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Céline
Après une naissance prématurée, tout laissait présager une grossesse idéale…
« Quel bonheur pour moi d'avoir appris que j'étais enceinte, ma revanche après la naissance d’un petit prématuré d'1,2 kg né par césarienne à 7 mois. C'était la grossesse idéale, avec les nausées matinales, la fatigue... Elle a débuté le 7 janvier et le test s'est révélé positif le 23. Premier mois d’essai et le bébé était en route ! Le bonheur, mais la peur aussi d'avoir un bébé avec un retard de croissance comme pour le premier (car sans aucune raison, mon placenta ne nourrissait pas suffisamment mon bébé). Mais jamais je n'aurais pensé à une fausse couche, ça arrive qu'aux autres...
Premier rendez-vous à la maternité : super ! Constatation de la grossesse, prise de sang, tout est dans les "normes". Prise de rendez vous pour l'écho, je suis aux anges, tout va bien.
Le 28 février : début de perte de sang. Je panique et prends rendez-vous au plus vite chez le généraliste qui me fait faire une écho tout de suite. Le résultat tombe : un petit décollement et une petite masse fœtale sans activité cardiaque... Je fonds en larmes, l'espoir d'avoir une grossesse idéale n'est pas pour cette fois-ci. L'échographiste me soutient qu'il est trop tôt pour se prononcer et me demande donc de revenir une semaine plus tard. Mais, pour moi, son hypothèse n'est pas possible. De future maman, je passe au stade de cercueil ! Il y a quelque chose en moi de mort, quelle sensation affreuse.
Je retourne donner le compte-rendu à mon généraliste qui ne veut pas me laisser dans cet état et décide de me prescrire une prise de sang afin de voir où en est mon taux d’hcg. Le résultat, je le connaissais : il avait baissé de plus de moitié, c'était vraiment fini...
J’ai téléphoné tout de suite à la maternité pour connaître les démarches à suivre, et comme les saignements n'avaient pas cessé, ils m'ont fait rentrer en urgence. Mais je n'ai pas été prise en charge tout de suite, les futures mamans passent avant ! Moi je n'étais rien... Echographie : pas d'activité cardiaque et grossesse arrêtée. Que c'est douloureux d'entendre ses mots.
Autre épreuve : le traitement pour expulser la masse fœtale n'a pas fonctionné, et je souffre plus moralement que physiquement. Tout le monde est très gentil et me soutient : une femme sur 10 fait une fausse couche, c'est la nature qui fait sa sélection, une interruption médicale de grossesse est plus dure à vivre qu'une fausse couche...
Je me prépare à subir une aspiration. Avec l'anesthésiste, je parle de mon désir de ne pas être endormie. Pas de problème, elle est d'accord et me propose une rachianesthésie. Après un jeûne de 24 heure, je descends au bloc. Mon dieu, c'est la salle de ma césarienne, y a une couveuse qui attend (pas pour mon bébé cette fois ci). L'anesthésiste arrive, c'est un homme. Il prend mon dossier et s'exclame "ben voyons...on fait les rachis à la carte maintenant !" Je n'avais plus le choix, ils m'ont attachée et endormie sans que je ne puisse rien faire. Je me suis réveillée sans souvenir, avec un vide qui n'était pas un soulagement, mais une boule d'angoisse que j'ai toujours. Même si tout est redevenu "normal" médicalement parlant, la grossesse idéale n'est pour moi plus qu'un rêve. Cela va faire maintenant 3 mois que l'on essaie, mais toujours rien pour l'instant. Après tout, on a le temps… »