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Gwenola

L’annonce terrible d’un "œuf clair"…

« Après une bonne journée de plage (un peu loin peut-être, 120 km dans la journée), je me suis aperçue au moment de me coucher que je perdais un peu de sang. Très optimiste et pas encore trop inquiète (on parle souvent de petites pertes en début de grossesse et cela était déjà arrivé dans mon entourage), mon mari m'a conduite à l'hôpital où le diagnostic s'est voulu rassurant, après environ 30 minutes d'attente seule dans un box puisqu’il y avait d'autres urgences. C'est surtout cette attente qui m’a fait angoisser et penser au pire. Déjà maman d'un plus grand, je n'imaginais pas du tout pouvoir perdre un enfant. J'avais eu une grossesse difficile en raison d'un accident de voiture mais, malgré une fissuration de la poche des eaux, mon grand s'était accroché et tout s'était bien passé. Alors là, sans choc, sans grosse fatigue, en vacances... impossible que cela arrive. Et pourtant de retour à la maison avec le cliché du bébé, je sentais que je le perdais, des seins très tendus et douloureux, premiers symptômes de cette jeune grossesse, je ne ressentais plus rien. Le sang est devenu de plus en plus abondant et au matin d'une nuit où je ne voulais pas bouger pour aider mon bébé à s'accrocher, j'ai découvert une grande perte de sang.

A partir de ce moment, les discours médicaux et ceux de mon entourage ont vraiment accentué mon désespoir. Pour les médecins, c'était un "mauvais oeuf" ou "oeuf clair" que la nature avait bien fait "d'évacuer" ! Pour la famille, c'était arrivé à d'autres qui avaient eu par la suite de nombreux enfants (comme dans les contes de fées en somme !). C'est insupportable, seul mon mari a vraiment mis toute son attention sur ce que je ressentais et sur ce que mon corps de maman pouvait déjà exprimer (oui bébé s'en allait, mes symptômes de femme enceinte disparaissaient aussi, mais tout se faisait petit à petit pour l'accompagner). Cela peut paraître curieux, mais c'est en écoutant mon corps que j'ai pu accepter ce qui se passait. Autre aide de taille : mon grand garçon de 2 ans et demi qui ne voulait pas voir maman pleurer et qui venait avec des livres pour que je lui lise ses histoires préférées. Un seul médecin m'a vraiment aidé, c'est l'échographiste qui devait vérifier que tout était bien "propre" pour une prochaine grossesse. C'est le seul qui a su me regarder pleurer ce bébé sans intervenir en disant que c'était le cour normal de la vie et qu'il ne fallait pas en faire une montagne ! Il a réalisé son examen en m'expliquant les signes de la perte récente et aussi les signes de la reprise du cycle pour entamer une nouvelle grossesse. Là encore en passant par le langage du corps et en ne niant pas cette grossesse qui n'irait pas à son terme, j'ai trouvé le réconfort dont j'avais besoin.
J’ai aujourd’hui un petit bébé de 7 mois ! Inutile de vous dire ma joie de l'avoir, sans oublier cette étape dans ma vie. C’est ma plus belle revanche. Très angoissée en début de grossesse (tous les moyens étaient bons pour consulter, appeler, faire une écho de contrôle), tout s'est estompé sans pour autant disparaître. »


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